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 Le vélo

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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Sam 9 Mai 2009 - 10:35

Vous faisiez quoi sur la première photo Question scratch lol!
En tout cas, merci encore et toujours de nous faire profiter à distance de tes "promenades" et, de plus est, en images !!! Very Happy
Je t'envie... sunny
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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Jeu 21 Mai 2009 - 17:58

Pour ma part, petite sortie VTT mais sur bitume durant deux petites heures cet après-midi !!! geek
Delille - Chamalières (en passant par CCI) - Royat - Ceyrat - Beaumont - Romagnat - Aubière - direction Cournon puis Aulnat - Clermont-Ferrand.
C'était bien sympa, surtout sur les hauteurs de Royat et Ceyrat !!! sunny

Et toi fred, ta "petite" sortie Question Exclamation lol!
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fred
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MessageSujet: Les 236 bornes du Puy Mary   Jeu 21 Mai 2009 - 20:21

Cool que tu t'y remettes, et merci pour ta question, j'ai justement préparé un petit compte-rendu jocolor

Sortie vraiment géante aujourd'hui, une ambiance des meilleures et ... un invité surprise.
J'avais un challenge personnel, celui d'effectuer mon record de distance parcourue en une journée. Je suis donc parti de chez moi peu après 7 heures à allure très modérée et m'efforçant d'adopter un pédalage très souple. Un rendez-vous avec mes potes Didier et Jean-Mi était fixé à Boudes pour 8 heures. Programme : le Cantal. Apparemment, l'orage avait eu lieu pendant la nuit, la route était mouillée, et le ciel menaçait encore.
A Saint-Germain, un gars immatriculé 43 avec un clou attaché à un porte-vélos me passe, me fait un signe amical et s'engage sur la route de Boudes. Je le retrouve à l'entrée du village et m'arrête. Il se présente, me dit qu'il a vu la sortie sur le forum vtt63 (le forum sur lequel nous fixons nos sorties) et qu'il voudrait se joindre à nous. Ben, pourquoi pas, avec plaisir, je lui dis, et on retrouve Jean-Mi et Didou un peu plus loin. Tout le monde est ravi d'accueillir un nouveau cyclo dans l'équipe et on file tranquillement sur la route de Dauzat. Ah oui, notre nouveau venu, c'est Bernard 007 !
Donc on roule pépère et on en profite pour faire la connaissance de Bernard qui n'a pas la langue dans sa poche. Le ciel est un peu noir par endroits. Dauzat, La Cabane, et évidemment, ça ne rate pas, on prend une saucée. Mais pas longtemps. Le vent s'est un peu levé et pousse cette grosse masse noire derrière nous et, à La Godivelle, le soleil nous attend. Par contre, la route est trempée et on roulera beaucoup avant que la chaussée soit parfaitement sèche. Espinchal, Condat, Riom et puis le sympathique col de Beyssère avant Trizac où l'on s'arrête pour faire le plein. On trouve une supérette avec jambon et fromage de Salers. Pas de pain, mais des biscottes, pomme et dessert. On déguste tout ça autour d'une table de terrasse de café et on en profite pour raconter un peu nos sorties à Bernard, et là, on s'aperçoit qu'il suit le forum vtt63 depuis des années !!! Il fait des commentaires sur les photos, les détails des aventures, les anecdotes, incroyable ! Il se rappelait même des trucs que j'avais oubliés ... En fait, il connaît tous les membres de vtt63 Laughing C'est pour ça qu'on l'appelle désormais Bernard 007, ou alors Popovitch, du KGB Very Happy
C'est reparti à l'attaque du col d'Aulac et de son imprenable point de vue. Tranquille toujours, c'est après qu'on donnera tout ... Descente sur Le Falgoux où l'on trouve une route fraîchement goudronnée avec ces p.....s de graviers de m...e. Une petite prière pour que le raidillon du Pas-de-Peyrol ne se trouve pas lui aussi dans le même état et c'est l'ascension du col de Néronne. Col super dur, plutôt court (heureusement) et monté à bloc : 325 m. déniv+ sur 3,7 km soit 8,8% de pente moyenne. Plein de motos là-haut, qui nous doubleront plus haut dans un grand fracas avec les "bon courage" d'usage. Et il en faudra car ce Puy Mary est un sacré morceau : 260 m.déniv+ sur 2,1 km soit 12,04% de pente moyenne.
Beaucoup de vent au sommet, vent qu'on aura la chance d'avoir dans le dos jusqu'à l'arrivée. Dans la descente sur Dienne, on ne remarque pas tout de suite que notre espion préféré a décroché. On stoppe et un type en bagnole nous informe de la crevaison de Bernard. Puis il me demande si on a prévu de faire l'Anthony Magne. Je lui dis que pourquoi pas mais combien on est payé ? Il se marre, sa femme aussi, et j'en suis quitte pour rebrousser chemin et remonter voir si Bernard a pu réparer. Je le retrouve alors qu'il s'élance et une fois rejoints Didou et Jean-Mi, nous poursuivons notre route.
Descente en faux-plat le vent derrière, c'est facile le vélo dans ces conditions ! Puis un petit col avant d'atteindre le vélo-rail, Landeyrat, Marcenat, et pause Auvergnat Cola. Il reste la montée du mont Chamaroux et c'est gagné. Saint-Alyre, descente rapide sur Ardes avec les milliards de moucherons qui nous rappellent que l'orage est proche.
A Madriat, je quitte mes trois compères et insiste avec Jean-Mi pour que notre espion fasse le grand pas et s'inscrive sur le forum vtt63 geek
Ligne droite jusqu'à Saint-Germain poussé par le vent. Mes jambes tournent maintenant toutes seules et je me sens extrêmement bien alors que le compteur affiche près de 220 kilomètres. La côte de Nonette est avalée dans la foulée à 20 km/h et je suis de retour à la maison nickel.
Très content de la façon dont s'est déroulée cette journée, d'avoir roulé 9H45 sans subir de contrecoup et d'avoir rencontré un espion bien sympathique avec qui j'espère il y aura d'autres virées.

236 km à 24,2 de moyenne pour 3550 mètres de déniv+


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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Dim 24 Mai 2009 - 12:54

Un quatuor de Champions !!!! cheers cheers cheers
Merci pour le compte-rendu très alléchant !!! Very Happy

Pour ma part, j'ai profité de mon weekend creusois, à Aubusson, chez mes parents, pour faire une petite sortie de 2h30 sur route et chemin en VTT, sous une certaine chaleur (32°), hier après-midi.
Mon trajet : Aubusson - bois de Verminier - Felletin - Quartier de Beaumont - ancienne décharge - Moutier-Rozeille - circuit du Pont des Chèvres (très technique et humide) - Aubusson par la montée des ruines.
Excellent moment, malgré quelques difficultés : cassage de ma pédale gauche à 8km de l'arrivée et impossibilité d'utiliser le petit plateau. Une sacrée aventure en solo... et dans la gadoue des sous-bois !!! sunny


(cliquez dessus pour agrandir)
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MessageSujet: Issoire - Ventoux du 11 au 13 juin 2009   Lun 15 Juin 2009 - 15:52

Une descente vers le sud désormais traditionnelle ...
C’est la quatrième année consécutive que j’entreprends ce voyage printannier, mais pour la première fois, je pars seul. Je roulerai deux jours pour rejoindre Tulette, à la frontière de la Drôme et du Vaucluse, et aussi Max et Steph qui viendront de leur côté en voiture. Nous avons prévu prévu ensemble pour samedi une boucle de 150 bornes passant par le sommet du Ventoux et sentant bon le Côtes du Rhône ...
Jean-Mi qui devait être du déplacement mais a décliné pour pépin de santé m’accompagnera en pensées tout au long de ce périple.

Jeudi 11 juin
St-Rémy – Le Bleymard


La première étape est toujours difficile, où qu’on passe. Fort de ma petite expérience, j’ai décidé d’éviter la Haute-Loire que je n’aime pas trop et de tracer plein sud par le Cantal et la Lozère. Il y a une taule bien agréable du côté du Mont Lozère qu’on avait testée avec Didou trois ans auparavant et j’ai réservé pour le gîte et le couvert. De plus, j’ai pris soin de calculer un itinéraire de petites routes (blanches sur la carte) peu empruntées et bien agréables.
Donc départ à 8 heures 30 avec un petit sac-à-dos de 6 kilos. Il a plu pendant la nuit mais le soleil se fait une place dans un ciel qui balaiera les nuages au fur et à mesure de la journée. Un peu de vent mais plutôt favorable dans l’ensemble, de travers ou de trois-quarts dos jusqu’à l’arrivée. J’ai la banane. Je sens bien que cette fois-ci les conditions sont idéales (remember la pluie de l’an dernier) et que même si je suis seul, je vais prendre un pied gigantesque ! Je n’ai besoin de personne en Bianchi Davidson !
Même traverser le Bassin Minier me donne le sourire et m’incite à la photo :




Je déroule tranquillement le long de l’Allagnon et le château de Léotoing a une belle couleur ce matin :




Première difficulté après Massiac : la montée de La Chapelle-Laurent. Ce n’est pas une petite côte. Environ 7 kilomètres et 500 mètres de dénivelé, on peut dire qu’elle occupe bien. Il fait frais sur le plateau et les éoliennes d’Ally tournent à plein régime. Beaucoup de maisons sont inhabitées dans les hameaux que je traverse et les vaches sont les reines de la route !
Le forêt de Margeride se rapproche, ainsi que la grande descente sur Ruynes.




Il est midi et je casserais bien la croûte. Je demande dans un bar-restaurant s’il y a des sandwiches. La patronne ne me répond pas trop mais répète la question à un bonhomme qui y réfléchit un peu. Finalement, il dit que ça peut se faire et qu’il part acheter un pain à la boulangerie. Bon, je m’installe. Des tables sont dressées et les habitués ne tardent pas. Des travailleurs qui ont droit à la bise de la serveuse. Personne n’engage la conversation avec moi, malgré mes tentatives. Je demande s’il y a des tartes ou quelque dessert mais on ne m’entend pas. Je réessaye et un type dit en rigolant que lui il a une tarte en me montrant sa belle paluche. Bon, je choisis plutôt celle aux pommes et je me tire après que personne n’a répondu à mon salut ...
Le viaduc de Garabit :




Superbe après-midi. Frais et parfumé à travers l’Aubrac. Très vallonné aussi. Je suis seul au monde sur les petites routes qui serpentent sur le plateau. Les paysages sont magnifiques, vert champs, jaune genêt et gris rocher. Les villages de pierre et de lozes sont bien jolis également et je ne pense à rien d’autre qu’au moment présent.








Saint-Chély, Aumont-Aubrac et puis la route de Mende avec deux belles côtes au programme. C’est beau mais usant. Il faut beaucoup jouer du dérailleur, un peu comme en vtt. Il n’y a jamais plus de 20 mètres identiques, impossible de prendre un rythme. À bien y réfléchir, c’est peut-être ça qui bouffe le plus d’énergie.
Et enfin, le sommet et la vue sur Mende :








Je fais une pause en ville mais les bars et l’ambiance ne me disent rien qui vaille. Il y a quelque chose de dérangeant indéfinissable. Si bien que je n’ai même pas pris la peine de remplir les bidons avant de m’attaquer au Causse de Mende. Et là ...
Ce Causse, c’est ce que vous voyez derrière la ville sur la photo précédente. La carte indique bien un triple chevron mais ça a l’air plutôt d’être un passage. Enfin, sur la carte ...
L’horreur. Plus dur que le Puy Mary, je crois bien. Je n’ai pas lancé de temps intermédiaire sur mon compteur mais je dirais à vue de nez qu’on prend 300 mètres en 2 kilomètres ! Mon sac n’arrange rien à l’affaire et je fais la montée debout sur les pédales avec les jambes qui tournent au ralenti. Au plus court, j’ai 34/23 et ça fait bien long ! Je fais bien attention à ne pas me mettre trop longtemps dans le rouge et ma vitesse oscille entre 7 et 8 km/h !!! Je dépasse un cyclotouriste qui mouline sans effort apparent sur une randonneuse équipée de sacoches. Et je pousse un cri de soulagement lorsque le haut est atteint. J’attends le cyclo et nous sympathisons. En fait, il revient du boulot. Chaque jour, il fait ce trajet aller et retour. Chapeau parce plus loin, on redescend dans un trou et c’est la même musique : 15 % ! Il me dépanne très gentiment en eau et me révèle qu’il a été gravement accidenté l’hiver précédent à cause d’une voiture qui lui a accroché une sacoche et l’a envoyé dans le décor. Une bien belle rencontre qui vaut la photo.
MERCI ENCORE À TOI, AMI CYCLO !




Autant dire la vérité, cette montée m’a bien rincé et je commence à être sérieusement entamé physiquement. Je fait une pause près d’une fontaine à Lanuéjols où j’avale quelques barres. Il fait maintenant très chaud et il me reste une vingtaine de bornes à parcourir et pas un mètre de plat. La montée du col de la Loubière se fait à l’énergie sur un petit rythme. Je reste calé à 12 sur une pente qui ne dépasse pas les 6 % et m’arrête même pour prendre une photo.






La descente qui suit me rappelle bien quelque chose. Effectivement, nous en avions monté une partie lors de la GTMC 2007 après avoir déjeûner à Bagnols. Et tout concorde puisque me voilà au village et que se dresse un peu plus haut les ruines du château du Tournel :




Bien content d’arriver à destination, quand même. Parce que même si le coup de pompe est passé, ça commence à bien tirer dans les cervicales et les jambes ! L’aubergiste me reconnaît et la douche et la bière sont salutaires. Comme je suis seul à dîner, je me console avec une bouteille de petit producteur, un merlot qui ne paye pas de mine mais qui apporte bien du réconfort ! Je comate un peu devant la télé et Max m’appelle pour prendre de mes nouvelles. On se retrouvera le lendemain soir.






199 kilomètres pour 3225 mètres de déniv+ à 24 km/h. de moyenne.
8H16 de selle et 5015 kilocalories dépensées.


Vendredi 12 juin
Le Bleymard – Tulette

Aujourd’hui, ça va être plus calme. Beaucoup de descente, peu de côtes, et je vais pouvoir musarder et prendre le temps parce que les garçons n’arriveront à Tulette qu’en soirée. Il y a « seulement » 150 bornes au programme, c’est calculé pour être une journée de transition avant le Ventoux samedi.
Je prends donc le temps de traîner au petit déj’ et dans mes préparatifs et ne m’élance qu’un peu avant 10 heures. Grand soleil et toujours du vent. D’ouest ici mais de nord plus au sud, que je retrouverai souvent de trois-quarts face au cours de la journée.
Tout commence par un petit bout de montée jusqu’au col des Tribes et se poursuit par une longue descente dans la vallée de l’Altier qui traverse le village du même nom.












Villefort et son petit raidard à la sortie qui fait office de réveil cardiaque.
Puis le facile col du Mas de l’Ayre avant une nouvelle grande descente sur Les Vans. Là, et puisque je ne croiserai pas de grand village avant un moment, une petite faim me rappelle qu’il est bientôt midi. J’achète le journal pour lire le compte-rendu de l’étape du Ventoux de la veille au critérium du Dauphiné Libéré et constater aussi qu’il y a de l’argent au Real Madrid, puis avise une pizzeria. Seuls un cuistot et une femme qui a l’air d’être la patronne sont assis en terrasse. Je demande s’il n’est pas trop tôt pour manger une pizza. On me dit que le four sera chaud dans un quart d’heure. J’ai l’impression d’être autant le bienvenu que la veille à Ruynes. Qu’à cela ne tienne, j’ai bien envie d’une pizza, je boirai un coca en attendant. Je remise mon vélo en terrasse. « Non, à l’extérieur, s’il vous plaît. » Je m’exécute. « Il ne gêne pas l’entrée d’immeuble ? » « Non, c’est ok », je réponds et m’assoie. « Non, pas cette table, l’autre. » Bon, je change de table puisqu’apparemment, ils attendent une soixantaine de personnes dans la demie-heure. Mon cola arrive et je commande ma pizza un peu plus tard. Du Findus, pas mieux, vraiment, mais quand même 10 euros ! Il faut aussi que je réclame de l’eau parce qu’apparemment ce n’est pas automatique. J’en ai assez vu, je me casse, on est mieux dans la campagne !
Et surtout sur cette petite route touristique du bois de Païolive. Vraiment splendide. Des chênes et des rochers, un sacré site :






Et un bon bout de plaine en plein cagnard avec le vent dans la gueule. Heureusement qu’il est là, lui, d’ailleurs pour me rafraîchir un peu ! L’eau est chaude dans les bidons, beurk, mais je suis bien et content d’être là et ma peau se colore à vue d’oeil.
Ah ! Principale difficulté de la journée, une belle montée de 2 bornes ! Et surprise au sommet : le gars est là, au loin, et se montre pour la première fois :




Je le salue avec tout le respect qu’il inspire et pense à la journée de demain et à Jean-Mi qui aimerait bien être à mes côtés à ce moment ...
Barjac, Orgnac l’Aven. Cette année, j’ai choisi d’escamoter les superbes gorges de l’Ardêche, histoire de changer, mais cette campagne n’est pas vraiment attrayante. Si vous passez par là, choisissez plutôt les gorges ! Quoi qu’il en soit, la « verrue » se voit de mieux en mieux.




On se rapproche de la vallée du Rhône et j’évite soigneusement les grands axes. À Saint-Julien-de-Peyrolas, alors que je consulte la carte routière à un stop (je rappelle que j’ai toujours mon sac-à-dos), une voiture s’arrête et les deux occupantes me demandent si je suis du coin ! « A votre avis ? » je réponds avec le sourire. Elles me demandent donc où se trouve le camping, ah ah ah !
Plein des bidons à la fontaine et je file sur Pont-Saint-Esprit. Je rattrape un cycliste dans un village et lui vote mon plus beau sourire assorti d’un encourageant bonjour. Il me regarde méchamment sans me répondre. Ce à quoi je rétorque : « Pas causant, aujourd’hui, t’es bien un trou du cul ! » et je poursuis ma route.
Halte en terrasse à Pont-Saint-Esprit, il reste du temps à tuer avant que Steph et Max arrivent.
Et puis le pire de la journée, le passage inévitable du Rhône sur la route à camions. Dix bornes très très chiantes dans l’aspiration des gros culs avec le vent dans le nez et je retrouve mes petites routes chéries. Suze-la-Rousse :




Et j’arrive à Tulette où je patiente au bar avec le journal dans l’ombre d’un platane, accompagné par la blondeur de quelques mousses.
Les gars arrivent enfin et on rallie le gîte de la tante de Max. Une ancienne ferme rénovée avec beaucoup de goût.






La famille de Max est vraiment adorable. On est accueilli royalement ! Et le vin coule à flots, normal dans cette région. On est même invités à dîner le lendemain !

146 kilomètres à 26 de moyenne pour 1295 mètres de déniv+
5H36 de selle.
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fred
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MessageSujet: Issoire-Ventoux du 11 au 13 juin 2009 (suite)   Lun 15 Juin 2009 - 15:52

Suite de la page précédente, troisième jour ...

Samedi 13 juin
Tulette - Ventoux – Tulette


A un moment, j’ai cru que je me ferais lyncher.
J’avais préparé un parcours en recherchant les petites routes, surtout que dans cette région, il y a beaucoup de circulation. Mais il restait des inconnues ...
La météo est optimale. Un soleil rond comme ça, pas de vent et la lune est aussi dans le ciel !
On part en toute décontraction et on franchit la première petite butte de la journée qui sépare Saint-Roman-de-Malegarde de Rasteau. Une route très étroite et bien ombragée avant les vignes des Gigondas et autres Vacqueyras, tant de noms qui sonnent chouette à nos palais.
Et là, première erreur de ma part. J’emmène les copains à l’assaut des Dentelles de Montmirail, persuadé qu’on peut basculer de l’autre côté. Dès le bas, Steph a un doute. Il dit que ça ne débouche pas, que ça devient du chemin. Bon, on teste quand même la montée (avec une belle pente) et, en effet, nous tombons sur un chemin avant le sommet. Deux enduristes surviennent et on leur fait signe de s’arrêter. Ils nous confirment ce que pensait Steph et on en est quitte pour redescendre ce qu’on a monté. Je suis un peu mal à l’aise mais les gars me rassurent en me disant que c’est pas grave, tout ça ... Merci, les copains !






On déroule sur des routes qui rendent bien. Les Beaumes-de-Venise, Caromb, Mazan, Mormoiron, on voit du pays. Plus que 7 bornes avant Bédoin, la pression monte quand même un peu. On sait qu’on va devoir fournir un effort intense et ça occupe l’esprit. Point noir quand même à la sortie de Mormoiron : on croise un type en bagnole qui se déporte volontairement sur nous et nous adresse un doigt avec un regard violent. Pourquoi ? Je dois reconnaître que cette attitude me perturbe. J’ai du mal à accepter l’intolérance et la violence gratuite et l’attitude de ce mec reflète beaucoup de ce que déteste ici-bas. C’est la deuxième fois que ça m’arrive sur un vélo et je ne comprends toujours pas ce qui peut motiver ça ...
Ce qui est important reste la « verrue » qui se dresse devant nous.






Remplissage des bidons à la fontaine de Bédoin. L’eau n’est pas bonne et fait regretter celle de notre belle région. Et c’est parti !
Comme d’habitude, pas mal de cyclos font la montée. Mais c’est la mi-journée, beaucoup déjeûnent, ainsi que les automobilistes et autres motards. Chacun de nous montera à son rythme et selon ses sensations. Je me sens extrèmement bien pendant une heure, je suis vraiment dans le plaisir, mais les derniers trois-quarts d’heure seront plus difficiles. J’accuse un peu le coup avant Chalet-Reynard. Malgré le coup de pompe, ça enchaîne quand même pas trop mal au milieu du « tas de pierres », le vent (léger) avec ou contre selon les lacets. Et puis la pente est moins forte à partir de là. Mais j’avais oublié la difficulté des deux derniers kilomètres, où l’on retrouve des pourcentages qui avoisinnent les 10 ! Je sers les dents et la tour rouge et blanche est là. Des hollandais m’encouragent avec des hop ! hop ! hop ! et je récupère appuyé contre un mur.




















Les photos prises, on fait la descente sur Malaucène. On s’arrête pour faire refroidir un peu les jantes qui ont subi de gros freinages. Coup de pistolet, bang ! Steph a déjanté et sa chambre à air littéralement explosé ! À l’arrêt, heureusement ! Qu’est-ce que ça aurait donné dans la ligne droite plus haut à 80 km/h ?
On mange une salade à Malaucène et c’est reparti direction Veaux sur une superbe route très vallonnée qui mène à un espace baignade au bord d’un ruisseau très calcaire. Il doit y avoir un rallye de voitures de collection ou un truc comme ça car on n’arrête pas de croiser des Dauphine, R8 Gordini, Matra, Alpine, etc.




Passé Puymeras, on s’enquille sur une toute petite route appelée « chemin de Villedieu ». Il y a une côte remarquable, ce que la carte n’indiquait pas. Je suis un peu dans mes petits souliers parce que j’avais annoncé que ça ne monterait plus jusqu’à l’arrivée et que ça monte sec ... Les garçons font quand même preuve de bon coeur et quand on arrive au sommet de la côte ... c’est un chemin ... Je ne sais plus trop où me mettre ... Il y a un gîte un peu plus haut et je file me renseigner. Là, je tombe sur un monsieur très gentil qui me dit que le chemin redevient goudronné après 500 mètres et on discute un peu de tout et de rien. Au sommet de cette butte, il me fait un peu l’effet du roi du monde tant il a l’air bien et serein à se dorer au soleil. En tout cas, je suis soulagé d’annoncer aux potes la bonne nouvelle et on en est quitte pour un peu de portage, ce qui n’est pas commun pour une sortie route !!!










Plein des bidons au beau village de Villedieu et retour tranquille par des endroits qui rappellent à Max beaucoup de dévergondage !
Belle journée qui se termine en apothéose chez la tante de Max qui nous a invités autour du barbecue. Le vin est fabuleux, la bouffe pas moins, et l’ambiance des meilleures.
Une journée vraiment belle qui fait aimer la vie, et au final, je ne me suis pas fait lyncher !
Merci de tout coeur à Max et sa famille pour tout, le gîte, l’accueil, le vin et l’huile. La grand-mère est aussi un modèle du genre ! J’espère qu’on pourra remettre ça, et bien sûr, ce coup-là, avec Jean-Mi et Didou.

147 kilomètres à 21,8 km/h. de moyenne pour 2900 mètres de déniv+
6H44 de selle.


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Joco
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MessageSujet: Re: Le vélo   Lun 15 Juin 2009 - 17:03

Ouf !!!! Belle balade !
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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Lun 15 Juin 2009 - 17:32

FORMIDABLE !!!
T'es un Champion de l'Aventure... et du Reportage !!! sunny sunny sunny

Ben, qui en profite pour vous adresser un coucou amical de l'Ile de Beauté !!! afro
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fred
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MessageSujet: Donner   Mer 17 Juin 2009 - 8:59

Merci, les gars Wink
BenBecker, oui, c'est du boulot de faire ces posts mais ça me fait bien plaisir et puis ils servent surtout sur le forum vtt63 et mes potes de vélo apprécient beaucoup, alors ça m'incite à continuer bom
J'espère que tu profites pleinement de ton séjour au soleil sunny
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MessageSujet: La fin d'un géant   Lun 22 Juin 2009 - 18:13

Dernière montée "officielle" au Puy-de-Dôme hier, 21 juin 2009, avant le début des travaux de leur p....n de train de m...e en octobre.
Jamais vu autant de vélos faire la montée, il y avait un goût d'adieu derrière un tel succès. J'ai du passer une soixantaine de vélos au bas mot, en 4 bornes, ça fait ... Les organisateurs annoncent 1200 participants. Bravo pour leur organisation impeccable !
Je me suis régalé sur cette route digne d'un billard et ce panorama à 360°. Mais je n'ai pas pu m'empêcher durant toute la montée de penser que c'était sans doute la dernière Sad
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MessageSujet: Re: Le vélo   Lun 22 Juin 2009 - 18:54

fred a écrit:
Mais je n'ai pas pu m'empêcher durant toute la montée de penser que c'était sans doute la dernière Sad
Sad
Pour ma part, il faut ABSOLUMENT que j'effectue cette mythique montée d'ici septembre... un matin avant 8h !!! Surprised
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fred
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MessageSujet: Bilan 2009   Mar 29 Déc 2009 - 19:36

Encore une bonne année, avec un objectif traditionnel de 5000 kilomètres rempli tout rond. Comme l'an dernier, j'ai surtout roulé entre mai et août, 4300 bornes pour cette période, des moments souvent regroupés dans des voyages, huit jours au total, toujours entre ici et la "verrue" mythique du Vaucluse. Une sortie mémorable dans le Cantal avec 240 bornes et 3500 mètres de dénivelé. Peu de vtt par contre...
Et surtout plein d'images, de bien être et de sourires, de tranches de vie entre potes, parce que le vélo c'est ça, c'est partager le voyage et profiter pleinement de l'instant Cool

Pour l'année qui arrive, j'espère rouler un peu plus (je dis ça chaque fois mais je ne trouve jamais le temps). Et puis un rendez-vous en août avec les copains : descendre à vélo à Bourg d'Oisans et faire le tour de la Marmotte (cols de la Croix-de-Fer, du Télégraphe, du Galibier et montée de l'Alpe d'Huez, 180 bornes et 5000 mètres de dénivelé)

route




vtt

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Can
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MessageSujet: Re: Le vélo   Mar 29 Déc 2009 - 20:09

Effectivement en Septembre , ça sent la rentrée BD
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fred
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MessageSujet: Avril au Portugal   Ven 30 Avr 2010 - 21:21

À l'occasion d'une semaine de vacances au Portugal du côté de Guimaraes, j'ai pu me ménager une bonne sortie de montagne, difficile mais agréable et pleine de surprises.
Autour de Guimaraes, jusqu'à Porto à l'ouest, Braga au nord, Fafe à l'est, c'est pratiquement un village continu tant l'espace est occupé par des villages, des hameaux ou des maisons individuelles. Pour s'en sortir, il y a pas mal de kilomètres. Un avantage : la vitesse est partout limitée à 50 km/h et les Portugais, même si je n'ai pas vu autant de képis là-bas qu'en France, se comportent sur route avec beaucoup de civilité et sont très calmes et respectueux des autres. À vrai dire, ils ne semblent pas trop habitués à voir des vélos et certains avaient plutôt l'air étonné qu'autre chose en me croisant.






Une trentaine de bornes pour s'extraire de la "mégalopole", le tout sur un parcours tout en faux plat et recouvert d’un excellent bitume, et j'attaque les premiers contreforts. De moins en moins de voitures et une femme bien dénudée attendant sur un banc, à l’ombre d’un chêne, à qui je lance un « ola » qu’elle me renvoie en riant.
On arrive au sommet de la côte avant de replonger derrière jusqu’aux bords du Rio Càvado et le lac près de Gerès.










C’est avant l’entrée du village que je tourne à droite sur une petite route qui ne paraît pas bien longue sur la carte mais qui va s’avérer être le gros morceau du parcours. 15 bornes, c'est rien... Bon, il faut remonter un peu puisque je suis au bord de l’eau, ça je m’en doutais un peu : une belle grimpée avec de beaux raidards et des moments plus calmes sur un revêtement pourri mais qui ne dépayse pas trop... L’avantage quand ça monte fort, c’est qu’on voit le sommet plus rapidement. Mais le problème ici, c’est qu’une fois en haut, ça redescend, et puis ça remonte, et ainsi de suite. Du dos de chameau continuel, avec des pentes fortes. Pas longues, mais fortes, et impossible de se mettre dans un rythme, ça change tout le temps. Mais c’est beau et désert, je passe un grand moment en communion avec la nature et l’environnement.






Ermida, et la « route des chèvres », parsemée ça et là de crottin, mais sur du goudron neuf et sans défaut. Petite descente à 15-20% (heureusement que je n’ai pas eu à la monter celle-là !) et le Rio Toco. Photos.






Montée raide sur Fafiao et là, au lieu de prendre par les pavés du village, je continue par la même route, qui le contourne, pour me retrouver ... dans un chemin. Comme il est midi au clocher du village et que les paysans reviennent du champ pour le casse-croûte, j’en profite pour me faire indiquer la route. J’arrive à dire en portugais « excusez-moi », « Français », « route » en montrant ma direction sur la carte. Le type, charmant, me dit de prendre par le centre du village pour tomber là où il faut. J’arrive aussi à dire « merci » et je m’y jette. Le village est très rural, pavé, et les bêtes y vivent en liberté. Les femmes y sont vêtues de noir et les commerçants en camionette klaxonnent trois fois plus longtemps qu’ici.
Je retrouve la route à la sortie de Fafiao, un genre de toboggan à lacets où il me faut faire attention en doublant un semi-remorque chargé d’un tractopelle. Tout ça pour redescendre dans le lit de la rivière, au barrage du Rio au bord duquel je me promenais une heure plus tôt.




Je ne vous fais pas un dessin, la montée qui succède est du même registre que ce qui a précédé, on va dire 3 kilomètres à 8%.
Je retrouve un axe plus fréquentée et s’ensuit une dizaine de bornes à 3-4% où on peut faire bien tourner le grand plateau. La boucle autour du Càvado est terminée, je retrouve la même route qu’à l’aller pour les 40 derniers kilomètres, avec un peu moins de monde puisqu’il est autour de 13 heures, mais surtout beaucoup plus de fatigue !
Retour tranquille en déroulant et en appréciant la végétation d’avril au Portugal fleuri des camélias et autres rhododendrons.
120 kilomètres pour 1970 mètres de déniv+

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MessageSujet: Re: Le vélo   Sam 1 Mai 2010 - 7:09

Superbes images il manque juste celle de la femme dénudée des femmes habillées de noir

Dommage que mes jambes ne soient pas taillées pour pédaler car ça donne envie
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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Dim 2 Mai 2010 - 8:47

MERCI fred !!! cheers cheers cheers
C'est super CHOUETTE !!! sunny
Et ça donne super envie de remonter sur un vélo... mais ce ne sera pas pour cette année... Espérons en 2011 !!! Suspect
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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Ven 21 Mai 2010 - 18:23


(source:Rue89)



C'est génial !!! sunny
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MessageSujet: Issoire - Bourg-d'Oisans - La Marmotte du 4 au 7 août 2010   Mar 10 Aoû 2010 - 8:43

L’objectif avait été fixé dès septembre : gagner les Alpes à vélo en trois jours et, défi suprême, réussir la boucle dite de « la marmotte ». La Marmotte, c’est une épreuve cyclosportive qui a lieu chaque année au mois de juillet. Le départ est donné de Bourg-d’Oisans, dans la vallée de la Romanche en Isère. Il faut gravir le col de la Croix-de-Fer (ou du Glandon selon l’édition), descendre dans la vallée de la Maurienne sur St-Jean puis St-Michel, franchir l’enchaînement des cols du Télégraphe et du Galibier, basculer vers celui du Lautaret, revenir à Bourg-d’Oisans (souvent face au vent) et avoir encore assez de force pour escalader les mille mètres de dénivelé de l’Alpe d’Huez. Il y a 183 kilomètres pour 5000 mètres de dénivelé. C’est de la haute montagne et, selon beaucoup de critères comme la météo, la mécanique, la forme physique ou mentale, ça peut facilement devenir un enfer.
Nous avons déjà vécu Didou, Jean-Mi et moi-même beaucoup d’aventures cyclosportives ensemble. Nous nous connaissons bien, partageons l’expérience d’un voyage de quelques jours, et savons ne pas nous encombrer d’excédent de bagages. Pour la première fois, Philippe se joignait à nous.
J’ai tracé le parcours et le découpage des étapes en début d’année et nous nous sommes occupés de réserver des repas et nuitées dans des gîtes d’étape au printemps.
La préparation durant le mois de juillet à été optimale pour nous quatre. Nous avons beaucoup roulé, soit ensemble, soit en binôme, soit chacun de son côté, accumulé des kilomètres dans des conditions qui ressemblent à ce que nous allions devoir reproduire : rythme souple et régulier sur une longue distance, de préférence en montagne pour s’habituer au bon coup de pédale. Un très bon entraînement qui nous a permis d’arriver au départ dans les meilleures dispositions.

Mercredi 4 août
Issoire – St-Didier-en-Velay


Il fait beau temps, pas trop chaud, et au moment où nous nous apprêtons à partir, Gilles Martin du club d'Issoire vient gentiment nous souhaiter bon voyage.



Sauxillanges, Échandelys, St-Eloy, et ça se couvre un peu aux abords d’Ambert où l’on s’arrête pour manger un morceau. Jean-Mi a oublié de prendre ses manchettes et la boutique de cycles est déjà fermée. C’est pas grave, je lui prêterai les miennes pour l’après-midi mais pas sûr de trouver un magasin avant les Alpes.
C’est reparti, Valcivières et le col des Supeyres, gravi tranquillement.





On bascule de l’autre côté du Forez dans la Loire.

Le parcours est vallonné, les petites bosses se succèdent, c’est un vrai casse-pattes. Du reste, cette première étape en direction du sud ou du sud-est est toujours très difficile et usante, quelque soient les routes choisies et les départements à traverser. Puy-de-Dôme, Cantal, Loire, Haute-Loire n’offrent pas que des itinéraires de tout repos ! Mais le vent est avec nous et c’est déjà ça.



En fin d’après-midi, nous franchissons la Loire à Aurec.



Et il faut remonter à 1000 mètres, à St-Didier-en-Velay (entre St-Étienne et Le Puy) où nous attend l’excellent Bernard Rousset au gîte des Chênelettes.
Alors là, spécial ban d’honneur, parce que des gîtes d’étape, on en a fait quelques uns, chacun a sa propre personnalité, sa spécificité, mais rarement j’ai vu un tel accueil et un tel professionnalisme. Générosité, gentillesse, cuisine de qualité (en quantité !), propreté et tarifs très avantageux, tout était réuni. Si vous passez par là, n’hésitez pas à réserver.
http://chenelettes.free.fr/



169 km et 3015 mètres de deniv+


Jeudi 5 août
St-Didier-en-Velay - Saillans


Il a plu pendant la nuit et c’est dans le frais et sous un ciel bien chargé que nous quittons Bernard. La bonne nouvelle, c’est que Jean-Mi a retrouvé ses manchettes au fond de son sac !
Bonne caillante sur les plateaux de Haute-Loire, le soleil ne veut pas sortir. Dunières (et son Garage Patouillard), St-Bonnet-le-Froid (chez Francis Marcon), ça monte, ça descend, brrrr !




Et puis, derrière Lalouvesc :




Enfin du soleil, on ne le quittera plus (ou presque...).
C’est toujours comme ça, dès qu’on tombe en Ardèche, le ciel s’éclaircit. Et ça se réchauffe à la terrasse d’un resto de Lamastre où l’on avale une pizza qu’on continuera à mâcher une partie de l’après-midi. Un petit col sympa de plus et on s’arrête à Vernoux-en-Vivarais pour faire un coucou au frère de Philippe. Halte salutaire puisque nous attend un gros morceau, le col de la Mure et ses pourcentages impressionnants.




On a passé la Loire la veille, c’est au tour du Rhône aujourd’hui. Plus grand nombre de voitures, évidemment, vers La Voulte, obligés de rouler en file, un pont, la N7, tout ça, c’est tout de suite moins rigolo. Des pistes cyclables, malgré tout, nous permettent de faire un peu d’éventail car le vent vient du nord et nous avançons maintenant plein est dans la plaine. Cet axe était incontournable, à moins de rendre le voyage infaisable. Il fallait éviter le Vercors pour ne pas trop durcir le parcours et de toute manière Grenoble et la vallée de la Romanche où la circulation est encore plus grande. Il y aura donc 60 bornes un peu galère, 30 en cette soirée et 30 le lendemain matin.
Livron-sur-Drôme, Crest et Saillans où nous faisons halte au gîte de la Roche. Autant dire tout de suite que ça ne sera pas la même musique qu’en Velay. Le gars est sympa et drôle mais il n’a pas le même amour du travail bien fait que Bernard. Il veut encaisser et profiter au maximum de la saison. Les piaules sont minables et sales, pas un morceau de savon, il faut réclamer des draps et les draps sont tâchés. Bref, la bière au moins, c’est de la pression normale, c’est déjà ça. Apéro, bouffe quelconque, supplément pinard, digeo, tout ça en terrasse devant un parking de camping-cars et avec le voisinage de gamines passant leur temps à envoyer et recevoir des sms.
Autant aller se coucher.

156 km et 1970 mètres de déniv+


Vendredi 6 août
Saillans – Bourg-d’Oisans


Une petite odeur des Alpes au réveil. On va y arriver. Le temps de régler le Mickey du gîte. Pas de cadeau. Tout est facturé, de la bière au digestif, en passant par le « supplément draps » soit 5 euros par personne ! « Le soir on trinque, le lendemain on casque » plaisante-t-il... On dirait le sud...
30 bornes un peu galère à rouler l’un derrière l’autre, disais-je et nous arrivons à Die pour enfin quitter la grande route de Gap six kilomètres plus loin. Ouf ! Le soleil donne et les sourires sont de mise. On aura deux beaux cols à franchir dans la journée, le moral est au beau fixe.




Après Châtillon-en-Diois, la route s’élève et le col de Menée serpente entre les pins pendant une quinzaine de kilomètres. Une superbe ascension pas vraiment pentue mais rendue difficile par un vent souvent contraire.



Frais au sommet, pas plus de 12°, nous sommes en Isère. Descente sur Clelles puis remontée sur Mens où un ami de longue date tient un bar. On est en plein festival dans le village ; musique, théâtre, art de rue, ça s’appelle « Mens Alors » et mon pote est très impliqué dans l’organisation. On bouffe un casse-croûte chez lui, je prends des nouvelles tandis qu’un hurluberlu fasciné par nos vélos demande à Jean-Mi s’il peut faire un tour avec son clou. « Non » lui dit Jean-Mi.
On roule tranquillement en direction de La Mure, côtes et descentes, c’est très beau, ça s’appelle le Trièves, c’est un contrefort des Alpes. D’un pont, on peut sauter à l’élastique, ça fait pas envie...




On commence à croiser de plus en plus de cyclos et en montant le col d’Ornon, nous sympathisons avec une Anglaise en vacances, folle de montagne, venue essayer le maximum de cols dans les Alpes. Elle s’accroche au train et on lui paye une boisson au sommet.





Belle descente sur Bourg d’Oisans et arrivée au gîte qui a l’air mignon, le Gîte du Val de la Meije au hameau du Vert.
La tenancière obtient rapidement son surnom de « Mère Tapedur ». Vraiment pas commode. Les prestations sont quand même correctes, sans plus, le prix élevé et les faveurs inexistantes. Pas question de prendre une douche le lendemain soir quand nous reviendrons chercher nos sacs, par exemple. Alors que les douches sont à part...
On s’amuse quand même bien à la tablée avec des cyclos d’un club de Bourg-en-Bresse et des randonneurs Belges. Et il faut aller rouler la viande dans le torchon car c’est demain le grand jour.

153 km et 2510 mètres de déniv+


Samedi 7 août
Bourg d’Oisans – Bourg d’Oisans

C’est le jour de la marmotte comme dirait Bill Murray.
On pourrait même se croire en hiver au départ tant il fait froid. 6° à 8 heures, le soleil apparait bien tard en montagne.



Un peu de plat pour se mettre en jambes, ça ne cause pas beaucoup. Les doigts sont engourdis, tout le monde attend la côte pour se réchauffer. Et les premières rampes de la Croix-de-Fer se dessinent. Enfin ! On reste à l’ombre mais monter est un vrai plaisir. Ce col est très irrégulier, fait de passages très pentus, de replats et même de descentes ; c’est pourquoi on met plus de vingt bornes avant d’atteindre le sommet. Sortis des arbres, on les verra les marmottes, elles nous mettrons sur les rails d’une journée magnifique à tous points de vue.









Descente sur une route pourrie. On croise des vététistes de la Transmaurienne. Quelques coups de cul et on atteint la vallée. Sandwiches et boissons gazeuses, c’est reparti. La chaleur est là, il y a des cyclistes partout et on atteint le début du Télégraphe après une quinze kilomètres de plat. À l’abri des arbres et ne présentant pas de pourcentages dingues, ce col est très plaisant. Chacun se met à un rythme qui lui convient. On rejoint un gars avec un sac (comme nous les autres jours !) qui traverse les Alpes de nord en sud, on passe pas mal d’autres cyclos. On arrive au sommet Didou et moi, et Philippe ne tarde pas. Sauf qu’il fait le sprint ! Sacré Philippe, ça ne lui a pas plu qu’un type se planque dans sa roue et veuille lui faire le panneau ! Alors il l’a réglé ! Jean-Mi arrive, on boit un coup, et c’est reparti.



Valloire, et un géant. Le Galibier qui nous regarde du haut de ses 2645 mètres... C’est toujours intimidant. Mais plus on monte, plus il y a de l’air. On essaye de rester ensemble le plus de temps possible mais après Plan Lachat, c’est tout à gauche et dans le tempo qui convient le mieux à chacun. Ces huit bornes sont terribles, beaucoup de cyclos sont arrêtés sur le bord. Et puis on ne respire pas pareil à cette altitude. Didou apprécie ce frais. Il se détâche au niveau du tunnel dans le dernier kilomètre et arrive au sommet avec cent mètres d’avance. J’ai mis du gaz dans la dernière rampe et j’ai vraiment du mal à retrouver mon souffle mais je me ressaisis rapidement. D’ailleurs Philippe est déjà là et Jean-Mi ne tarde pas.








Un peu plus bas, le Lautaret.




Pas trop de vent en descendant la vallée, des tunnels un peu dangereux, des coups de cul surprenants et retour dans la fournaise de la fin d’après-midi. Un rapide check-up après une pause pipi nous permet de constater que tout le monde est prêt à attaquer l’Alpe d’Huez. On s’avale des gels et autres coups de fouet et c’est parti pour les premières rampes à 10%. Je l’avais fait il y a quelques années, mais je ne me rappelais plus combien il est difficile. Mais les jambes sont encore là et je peux soutenir un rythme bien régulier debout et assis. Je remarque au second virage que je suis désormais seul et je continue en tournant les jambes de la même façon. 34/27 ou 34/24 assis, 34/21 ou 34/19 en danseuse, je me fais vraiment plaisir. Toute l’heure que durera mon ascension, je serai dans cet état second qui te permet de te fondre à la fois dans l’action et l’environnement. En soirée, il y a moins de circulation, le silence est souvent là. Tu te règles sur ton souffle et l’effort physique te transcende. Et surtout, je suis heureux de pouvoir encore tout donner après une telle journée !
Les trois dernières bornes sont un peu plus dures. Je n’arrive plus à rester debout très longtemps mais je me cale sur un rythme régulier. Par contre j’ai mal au derche !
J’attends les autres devant le panneau finish. Philippe arrive et me dit que Didou a eu un coup de pompe. Mais plus d’inquiétude que de mal, il a effectivement souffert de la chaleur, souffert dans la montée, mais bien fini l’ascension. Il s’est bien défoncé ! D’ailleurs il est là et récupère près de la fontaine. Et puis voilà Jean-Mi qui lève les bras et il a bien raison, le bougre ! Je me rappelle qu’il y a deux ans seulement, la haute montagne lui faisait peur, même un seul col. Aujourd’hui il vient d’en gravir quatre, et pas des moindres, et avec la manière !
Content de cette aventure. Content et fier de cette équipe et de ces moments passés ensemble en cohésion totale. La météo aussi a été favorable. Pas de souci mécanique. Du bonheur en barre. Merci les gars et vivement la prochaine !

195 km et 5000 mètres de déniv+
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MessageSujet: Re: Le vélo   Mar 10 Aoû 2010 - 11:33

Magnifique , impressionnant , je suis admiratif Shocked king .

Mais qui est le 5ème élèment prenant les photos scratch , il n'est pas arrivé en haut de l'Alpe d'Huez Razz ?
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BenBecker

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MessageSujet: Re: Le vélo   Mar 10 Aoû 2010 - 22:01

Ça le fait grave, comme d'habitude !!! Very Happy
Bravo à vous !!! cheers cheers cheers
Et encore merci pour ce reportage, fred !!! Cool
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RONDOUDOU

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MessageSujet: Re: Le vélo   Mer 11 Aoû 2010 - 20:10

Et moi pendant ce temps la je grimpe le col du femur Razz
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Joco
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MessageSujet: Re: Le vélo   Jeu 12 Aoû 2010 - 21:07

Impressionnant, comme d'habitude !
Et bien, moi, cette année, j'ai pensé à toi pendant mes vacances, chaque fois que je doublais ou croisais un cycliste dans des cols pas possible, aussi ! Mais il sont moins connus..... C'était en Slovénie, magnifique pays de montagne pour faire des trucs de dingue, comme du vélo, du canyoning, du rafting ou du kayak sur des torrents (c'est pas la Sioule, hein !).

Bravo à vous !
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fred
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MessageSujet: La Montagne du samedi 14 août 2010 (édition Issoire)   Sam 14 Aoû 2010 - 16:54

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MessageSujet: bravo !   Dim 15 Aoû 2010 - 8:28

bravo mais...
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fred
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MessageSujet: L'Écureuil, le 5 septembre 2010 à La Souterraine   Lun 6 Sep 2010 - 11:51

J'ai participé à ma première épreuve cyclosportive.
C'était hier, dimanche 5 septembre et ça se passait à La Souterraine en Creuse. La course s'appelle L'Écureuil et se dispute sur un parcours difficile de 160 kilomètres. Difficile parce que très vallonné, sillonnant les campagnes du Limousin à travers de petites routes au gros goudron-qui-rend-pas.
Depuis longtemps, des amis de La Souterraine m’invitent à participer et du même coup passer le week-end chez eux. Cette année j’ai accepté. Et bien m’en a pris car les conditions météo étaient parfaites.
Dossard 696, loin derrière au départ. Les 10 premiers kilomètres sont très roulants, en faux-plat descendant. Ca frotte à droite, ça frotte à gauche, mais en attrapant les bonnes roues, on parvient à passer. Première petite côte et gros écrémage, la route se libère et des paquets se forment. Les premiers sont déjà loin. J’arrive à remonter de groupe en groupe au fur et à mesure des petites bosses qui se succèdent. Puis arrive la seule vraie difficulté du parcours (le reste se faisant sur le grand plateau), la côte du Bois des Échelles au kilomètre 35, 5 kilomètres d’ascension à 6%. Petite frayeur au sommet : je ressens une crampe au mollet gauche et une autre, moindre, au mollet droit. Je perds du terrain et me retrouve esseulé. Tout rentre dans l’ordre avec deux gars de bonne compagnie qui vont rouler pour moi dans la descente. Je retrouve des bonnes sensations et mène le train dans les coups de cul. Approche le ravito, je demande à mon compagnon s’il compte s’arrêter. Il me dit que non. Moi, je n’ai rien à manger et je dois attraper des barres au passage. Je les enfouille ainsi qu’une bouteille d’eau, me mets trois tranches de pain d’épice dans la bouche pour quinze secondes d’arrêt. En repartant, nouvelle alerte : coup d’épée dans le mollet gauche et il reste 100 bornes... Je temporise, j’arrive à reprendre un rythme dans la bosse qui succède au ravito. Le pain d’épice est coincé dans la bouche, je n’arrive pas à avaler. Je vois que mon compagnon temporise et regarde souvent derrière lui pour suivre ma progression. Il sait qu’ensemble on peut trouver un groupe. Ce qui sera chose faite une dizaine de kilomètres plus loin et le pain d’épice finalement englouti. Peu après la séparation entre le grand et le petit parcours, on rentre enfin dans un peloton de 25 cyclos et on restera ensemble jusqu’à la fin.
À ce moment, je me sens vraiment bien. On est quatre-cinq à rouler devant, je me planque bien dans le roulant et j’assure le tempo dans les côtes. Faut bien se partager les rôles. Il y en a qu’on ne verra jamais devant, sauf à la fin comme par hasard, mais ça s’est prévu et je m’en tamponne un peu. L’essentiel, c’est d’avoir trouvé deux bons camarades devant, une bonne entente en particulier avec un vététiste du sud, et quelques blagues dans les moments plus calmes. Parce que calme, la course ne la sera jamais vraiment. Pour ma part, je n’ai jamais roulé aussi vite aussi longtemps. J’ai été assez raisonnable, rapide au départ mais en évitant le plus possible de prendre du vent ; j’ai trouvé des bonnes roues, j’ai offert la mienne, j’ai roulé dans un bon esprit... Et je le paye après 3H3O de course. Je sens que je suis à point, presque bien cuit, qu’il n’en faut plus beaucoup. Il reste une bonne quinzaine de bornes, on est en train de passer les deux dernières bosses si ma mémoire du profil est bonne, il faut tenir. Certains que je n’avais pas encore vus commencent à sortir. Pas question que je ne finisse pas avec le groupe. Je me laisse glisser tout doucement derrière, la tête dans le gaz mais sans rien lâcher, à part un bidon qui m’échappe des mains. Bientôt le panneau La Souterraine se dresse et l’arrivée ressemble à une délivrance. Petite attente au moment de passer à la pointeuse, normal, il y en a qui s’étaient placés Very Happy Je finis à plat. Je pose tant bien que mal mon clou contre des barrières et j’entends un gars dire à sa femme qu’il finit dans le deuxième groupe à 32 de moyenne. Je lui dis en rigolant que je ne l’ai pas vu souvent devant et je vais pisser. Au retour, il me dit que non, il a roulé à plusieurs reprises, que c’est pas vrai, nia nia nia. Je lui dis que je le taquine, qu’il ne s’inquiète pas, alors il est content et sa femme aussi. Les femmes, d’ailleurs, impressionnant ! Il y en a qui sont drôlement bien organisés. Ils mettent leur femme en gilet fluo sur le bord de la route avec la musette et les bidons, là c’est pro !
Bouffe froide sous chapiteau, un peu d’antioxydant et j’arrive à récupérer. Je vais récupérer mes résultats : 124ème à 35 minutes du vainqueur, 22ème de ma catégorie, les 40-44 ans. Je fais les 160 bornes en 4H56’, 32,3 km/h, et brevet d’or (fixé à 5H15’). Le dénivelé est de 2300 mètres.
Une bonne expérience, pourquoi pas renouvelable s’il n’y a pas trop d’engagé. À L’Écureuil, il y en avait un petit millier et c’est bien suffisant (400 classés sur le grand parcours et 500 sur le petit). J’ai beaucoup apprécié de rouler sur des routes sécurisées, derrière moto une fois rentré dans le peloton, tous les carrefours protégés et aucune voiture croisée.
Une bonne expérience, mais le top ça reste quand même les voyages entre potes !
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