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 L'horloge, de Roosevelt

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eraserhead
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MessageSujet: L'horloge, de Roosevelt   Dim 4 Sep 2011 - 6:40


couvertures du tome 2 et du tome 1

Vi et Ian forment un jeune couple épanoui. Mais désireux de partir à la recherche du sens d'un rêve qu'ils ont en commun, ils prennent la route, et retrouvent Juanalberto, un ami de longue date qui est un canard qui parle, qui est passionné d'animaux (il n'en existe plus), et qui partage leur rêve. Apprenant la mort du Peintre, Ian devient fort intéressé par les hérétiques, une secte en possession de secrets magiques.


Les hérétiques ayant fui vers l'ouest, c'est donc logiquement vers l'ouest que nos trois compères se dirigent à l'aide de leur coquillage volant. Sur leur route, ils croiseront le Bibliothécaire qui fera subir les derniers outrages à Vi, Ian et Juanalberto connaîtront les geôles d'une cité dirigée par un fou furieux, et s'initieront à l'art de la cartomancie.


Nous avions évoqué José Roosevelt lors d'une précédente chronique, à propos de sa série Ce, encore en cours. L'Horloge est une série plus ancienne, commencée en 2000. Cet série constitue d'ailleurs la matrice de la plupart des albums de José Roosevelt publiés par la suite (qui sont pour certains publiés par La Boîte à Bulles). Elle est dans un premier temps sortie aux éditions Paquet, en 3 volumes.

Mais Roosevelt a entamé avec les éditions du canard une publication de ses histoires plus fidèle à ses souhaits d'auteur : il ressort notamment La Table de Vénus, commencée chez Paquet (seul le premier épisode est paru en 2001), et donc L'Horloge, mais cette fois en deux volumes, afin de coller au découpage souhaité entre album féminin (le premier) et album masculin (le deuxième, qui vient de sortir).


les deux versions (la nouvelle, et la version couleur)
C'est donc une toute nouvelle version à laquelle nous avons accès, dans un format plus grand (32x25), qui permet davantage d'apprécier la virtuosité graphique de l'auteur ; surtout, les couleurs ont été entièrement repensées.
Si les éditions Paquet avaient confié la colorisation à deux coloristes différentes selon les albums, Roosevelt propose ici une version souvent monochrome, chaque chapitre ayant sa teinte propre.

Tout ceci a son importance, puisqu'on l'a compris, la structure du récit elle-même fait sens : 2 volumes, divisés chacun en 6 chapitres, aux teintes spécifiques, contenant chacun un tableau autour duquel le récit se construit ; le monochrome trouve ici une forte justification, puisque les tableaux (en couleurs, eux) ressortent pleinement, provoquant pour le lecteur le même émerveillement que pour les personnages, comme de véritables trouées dans un univers particulièrement étouffant...


Cette architecture du récit peut paraître néanmoins un peu fumeuse, mais rajoute un aspect quasi-mystique à l'ensemble qui colle bien à la dimension de quête du récit, la quête de sens de Ian, quête de sens dans laquelle le féminin, plus spirituel, s'embourbe, et dans laquelle le masculin, plus en mouvement, échoue... Un constat désespéré ? Effectivement, sans l'aide de l'image (et du divin), Vi et Ian n'arriveraient pas bien loin, mais leur foi en un sens supérieur de l'image (du texte pour Vi) les amène à se dépasser, et à dépasser les embûches du récit.

Rien de bien prise de tête cependant dans tout cela : il s'agit avant tout pour Roosevelt de créer des situations propres à l'affichage des tableaux choisis, et de perpétrer des échos de ces tableaux dans un récit qui en devient très foisonnant, parfois mystérieux, mais toujours amusé, référencé : on avait vu avec Ce une communauté entre ces albums et ceux de la série HP de Manara, communauté toujours vraie ici ; la référence citée en exergue de L'Horloge est cependant Carl Barks, et l'on voit, ému, apparaître dans le deuxième tome Loulou vieilli, seul, qui fait le passeur entre le monde des signes et l'île paisible du centre du monde.


Un récit profondément symbolique donc, qui peut amener à de nombreuses interprétations, ou plutôt à se laisser porter par des personnages très attachants, et par la cohérence de son univers poétique. Pensé en monochrome, c'est ainsi qu'il faut lire L'Horloge : c'est ainsi que les personnages vivent le récit, l'un d'eux se demandant quelles couleurs il pourrait utiliser pour peindre le paysage qu'il voit.

http://www.bdparadisio.com/albums/horloge/horlo1.htm
http://www.juanalberto.ch/
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